Avec ce cycle Robert
Jordan tisse une tapisserie immense dont nous autres Français
ne sommes pas près de voir la fin, compte tenu du rythme de
publication de la saga dans l'Hexagone.
Une chose est sûre, on
ne peut pas
reprocher à Jordan de ne pas savoir écrire ou bâtir
une histoire. Là où le bât blesse, c'est qu'on
cherche vainement un trait un peu personnel dans cette oeuvre aussi
conformiste que pharaonique. On retrouve comme base la trame
convenue du jeune berger qui se découvre de hautes
origines et se voit chargé de combattre le démon
suprême, armée d'une épée magique... Malgré ce défaut,
la Roue du Temps pourrait être un bon divertissement, sans
l'extrême lenteur du récit. Jordan délaye,
remplit les vides à la truelle et répète ses
effets. Je me suis
détachée de
l'histoire et des héros, à force de longueurs... sans
compter cette impression agaçante et tenace de voir des idées
piochées à droite et à gauche chez d'autres
auteurs... Bref, il y a à mon avis plus de travail que d'inspiration dans ce roman-fleuve. Le concept aurait sans doute
été mieux servi sous forme de série télé
pour ados. Mais bon nombre de lecteurs adorent, alors, à vous
de juger...